CANTATE POUR LA LOGE DES NEUF SOEURS

PARNY EVARISTE

Loin de nous dormaient les tempêtes:

Dans ce temple, en d'heureuses fêtes

Les Muses invitaient leurs disciples épars

Ici naissait entre eux une amitié touchante,

Ils s'unissaient pour plaire; et la Beauté présente

les animait de son regard.

Qu'oses-tu profane Ignorance!

Que veut ton aveugle imprudence?

Des Muses respecte l'autel:

Là fume un encens légitime.

Arrête: tu serais victime

De ton triomphe criminel.

Mais sur la démence et l'ivresse

Que peut la voix de la Sagesse?

Telles parfois, dans la saison

Qui rend l'abondance à nos plaines

Du Nord, les subites haleines

Brûlent la naissante moisson.

Vous ne grondez plus, tempêtes passagères,

Ainsi que le repos, les arts sont nécessaires;

Qu'ils renaissent, toujours chéris,

La France à leurs bienfaits est encore sensible;

 Et nos fidèles mains, de leur temple paisible

Relèvent les nobles ardeurs.

Amants des Arts et de la lyre

L'Orient reprend sa clarté;

Si                                                                                              Venez tous, et de la Beauté

le cerf volant                                                                             Méritons encor le sourire.

les vers d'or de Pythagore

Nostalgie Bienheureuse                                                           Ici se plaisent, confondus,

La loge mère                                                                      Les talents, la douce indulgence,

La charte de l'Hospitalité                                                      Les dignités de la puissance

Désirs                                                                                      Et les grâces et les vertus